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Suivez-moi en forêt humide

Lorsque l'on part en ballades à Mayotte, on peut soit prendre les GR et rester sur un chemin tout tracé (parfois) soit s'aventurer où bon nous semble tout en faisant attention à l'heure. 17h arrive vite, la nuit aussi et en pleine forêt on ne rigole pas ... ;-) . Mais on peut aussi faire les deux, commencer sur un GR et arrivés à destination pénétrer dans la forêt sans savoir où l'on va atterrir. 

C'est très souvent cette solution que nous prenons. Sauf que l'île n'est pas plate, c'est une île volcanique avec des monts plus ou moins haut, mais des monts. Des arbres, des lianes, de la végétation partout, des araignées aussi, alors ne jamais sortir sans son appli GPS.... Ah oui cela sert quand on se retrouve totalement perdu en plein milieu de nulle part. 

En revanche rien de tel pour découvrir des espèces toutes plus belles les unes que les autres. Mais admirons d'abord la végétation. La forêt humide de Mayotte est particulièrement riche. Par la variété des reliefs et des microclimats rencontrés, il existe des végétations différentes selon les étages forestiers.

En montant vers la Maison du Gouverneur (départ de Mamoudzou, la capitale) c'est tout vert mais toujours différent. À mi-hauteur ce sont les bambous qui nous accompagnent, espèce protégée sur l'île. 


Par moment c'est le chaos, tous ces bambous entrechoqués se transforment en toit végétal laissant passer de tous petits faisceaux de lumière.


On y rencontre aussi les grands gardiens des lieux, les géants de la forêt qui bordent la route. D'où l'importance de leur présence contre l'érosion. Imaginez les dégâts de grosses pluies tropicales sans ces racines pour retenir la terre ? Je suis toute petite à leur côté ! 


Dans leur tronc je ne suis pas plus grande... 


La merveilleuse canopée abrite un monde végétal milliardaire par ses espèces endémiques.


Au bout d'1 heure de montée, nous arrivons à destination, plus de GR. Mais la forêt continue, ou commence, car là-bas au bout du chemin, à droite des bambous, le monde sauvage s'ouvre à nos yeux avec peu d'empreintes humaines. Nous sommes repartis pour crapahuter 4 heures durant. 

C'est une de mes ballades préférées, même si par moments je me dis "mais pourquoi on est passés par là ?????"




Pandanus mayottensis : comme son nom l'indique endémique de Mayotte. Il en existe 4 espèces; elles sont présentes dans le forêt humide et mésophile * de l'île



Microsorum punctatum ; espèce de fougère qui fréquente elle aussi les forêts humides en présence d'autres épiphytes *


La lumière se fait de moins en moins présente mais les températures et l'humidité omniprésente à 99 % du temps permettent toutes deux d'entretenir et de faire pousser la végétation. 



Continuons de pénétrer ces espaces immenses... sans bruits à part ceux de la faune et du vent.


La vie est partout



Hypursia phlegmaria, cette fougère épiphyte * , assez rare n'est visible seulement sur les crêtes des massifs forestiers de l'île. Elle pousses sur des hauteurs de  2 à 5 mètres sur les troncs.


Vittaria zosterifolia : fougère vivant en épiphyte *, facilement reconnaissable à ses limbes linéaires, se rencontre en forêt humide naturelle. Souvent associée au Microsorum punctaturm


Microterangis hariotana : endémique des Comores.
Petite orchidée elle aussi épiphyte *. sa floraison a lieu en septembre octobre (une chance pour nous). Les inflorescences pendantes, en épis, sont formées de petites fleurs oranges.

À cet étage les fougères n'ont plus rien à envier à celles de l'étage inférieur. Elles sont nettement plus grandes que nous, passons au travers ... 


Montons encore, bâton à la main cela aide pour deux raisons 
- Réduire la poussée des jambes
- Chasser les toiles d'araignées :)


Par moment et sans le savoir il nous arrive de rentrer sur un territoire occupé, celui du Tchitrec malgache qui vient vite à notre rencontre et nous souffle énergiquement que nous n'avons rien à faire ici ! Nom d'un piaf !!  Ci-dessous ce n'est que son dos, une femelle, houppette dressée sur la tête gonflée de colère. Nous ne voulons pas les déranger plus longtemps, continuons la montée.


Fini les fougères, ici les arbres reprennent place. Cela s'entrelace de façons très originale


Comment ce tronc s'est enroulé autour d'une branche... les mystères de la nature. 



Et puis finalement au bout de 4 h, après une légère petite frayeur car la pluie menaçait et nous étions bel et bien perdus, grâce au GPS nous revoilà au point de départ, à la Maison du Gouverneur. Arrivée triomphante de derrière les bambous. OUF !



Alors est-ce que certains commencent les économies pour aller se perdre dans les forêts humides de Mayotte ?

Pour un meilleur rendu regarder les photos en format 1000px.

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