The photos presented on this site are not free of rights and therefore cannot be used.
For more information, please contact the authors.
Les photos ne sont pas libres de droits. Pour contacter les auteurs :
nathalie.santa.maria@oiseaux.net


Mayotte, un lagon. Beauté et fragilité réunies


Déjà publié mais c'est si beau !

 Il existe moins de 10 doubles barrières de corail à travers le monde. Celle de Mayotte en fait partie. Ourlée d'un récif frangeant, l'île est protégée du grand large par une seconde barrière qui l'entoure à quelques kilomètres des côtes.

Sur les petites parties de la barrière qui ont été étudiées (seulement 4% des récifs coralliens de Mayotte sont connus...), on a pu dénombrer 239 espèces de poissons. 2 espèces de tortues viennent se reproduire ici. 3 autres espèces peuvent être observées. Au moins 270 espèces d'algues, 10 espèces de phanerogames, 200 espèces de coraux, 100 espèces de mollusques...

Cet inventaire, loin d'être exhaustif, prouve la richesse qui se cache sous la surface du lagon qui ressemble au plus vaste aquarium qu'on puisse imaginer.


Et puisque nous parlons ici d'aquarium ce sont dans les "piscines" de Petites Terres, recommandées par nos amis de là-bas, que nous irons plonger. Lorsque l'océan se retire certains endroits deviennent une "prison dorée" et bon nombres d'espèces aquatiques (poissons, mollusque...) se retrouvent prisonnières. Lors des marées d'équinoxe la zone des Badamiers se transforme en véritable aquarium géant, c'est comme plonger dans les bassins de celui de La Rochelle. Nous avons eu cette chance au cours du mois de septembre avec les marées d'équinoxe d'automne.


L'océan se retire, entrons dans la vie fragile d'un écosystème marin où chaque vie a son importance.


N'ayant plus l'effet 3D de la vision humaine sur des photos, imaginez un instant qu'entre tous ces rochers c'est une explosion de vie marine que nous pouvons découvrir avec un simple masque, un simple tuba. C'est à pied que nous pouvons y aller, l'eau nous arrive au grand maximum sous les bras.
 

Malheureusement il n'y a pas que les amoureux de la vie marine qui s'y rendent. Cet endroit magique est aussi menacé par l'activité humaine, par la pêche que je qualifierai d'artisanale si on la compare aux grands chalutiers, certes moins dévastatrice mais tout aussi meurtrière. Les "pêcheurs" (villageois des alentours) y vont avec filets et batons, descendent dans les piscines qu'ils entourent de filets, arrachent les coraux à même le sol pour les jeter dans l'eau afin de rabattre le poissons dans les filets, coups de bâtons sur l'eau pour la même raison.. . Imaginez que là tout y passe, espèces protégées ou non....  mais quand la faim est trop présente... tout est une question de survie !



Je vous livre un secret : nous sommes passés après eux dans une piscine où ils nous ont dit "Y'a rien ici...." et pourtant avec le masque nous avons pu apercevoir un régiment de poisson tous aussi colorés les uns que les autres.... mais bien cachés sous les rochers.... nous nous sommes sentis soulagés et avons pu continuer notre safari aquatique.